14 novembre 2007
Réforme des retraites
On peut s’interroger sur les motivations profondes du chef de l’état quant à ce dossier complexe qu’il désire voir réglé en si peu de temps alors que de l’avis de tous la consultation et le dialogue doivent présider à son ouverture et son règlement.
Le système par répartition est menacé certes par le vieillissement de la population mais surtout par la baisse du nombre d’actifs au travail due au chômage de masse. Il n’en reste pas moins juste que le système de retraite français doit rester fonder sur la solidarité entre les générations.
Ce système par répartition relève d’un choix de société. Financé par les actifs, sa force est d’aider tous les régimes et d’assurer la solidarité. Il n’existe pas d’autre système en mesure de mieux protéger contre les aléas de la vie.
Laisser croire que la capitalisation constitue une meilleure réponse est un mensonge. Une telle solution assure le désengagement de l’Etat. Miser sur les fonds de pension et l’épargne privé n’assurera pas forcement une retraite minimale. Qui peut se prévaloir de garantir pour 30 ou 40 ans ces placements sur le marché après la crise financière et boursière que nous venons de traverser ?
La droite n’a eu de cesse de casser la retraite par répartition en attaquant dans le sens d’une baisse des pensions :
-1993 réforme Balladur : calcul sur les 25 meilleures années et non plus sur les 10 meilleures
- 2003 réforme Fillon : les pensions ne sont plus indexées sur les prix mais sur l’évolution générale des salaires et l’âge de départ à la retraite est repoussé à 65 ans ! Peu nombreux seront ceux et celles qui attendront cet âge pour avoir une retraite complète. Par contre, en partant à 60 ans, les salariés auront une retraite amputée et insuffisante. Ce qui constitue bien une incitation à chercher une solution individuelle au problème en s’engageant dans la capitalisation privée et les fonds de pension. Le tour est joué !
- 2009 augmentation des annuités (loi Fillon de 2003)
- Aujourd’hui le gouvernement veut jouer sur la durée de cotisation… et réformer les régimes spéciaux.
Mais qui croit encore que cette réforme supplémentaire réglera le problème ? Tout le monde sait que les régimes spéciaux ne représentent que 4,5% du total des retraites.
Des solutions existent, les socialistes ont des propositions :
- La réduction du chômage des jeunes et un engagement fort en faveur de l’emploi des seniors contribueront à réalimenter en cotisations les caisses,
- L’augmentation des recettes passera par une sollicitation des revenus financiers,
- Enfin il faut agir pour l’amélioration des pensions de reversion et pour une plus grande égalité entre hommes est femmes.
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Injustes franchises !
A compter du 1er janvier 2008, un forfait de 0,50 € non remboursé sera prélevé sur chaque boîte de médicaments et pour chaque acte paramédical. Pour les transports sanitaires, son montant sera de 2 €.
Ces 0,50 € de franchise viennent s’ajouter à la longue liste des mesures instaurées pour combler le déficit de notre système de santé :
- 2004, mise en place du forfait d’un euro par acte médical,
- le ticket modérateur (partie des dépenses non remboursées par l’assurance maladie, 30% du tarif conventionnel pour une consultation)
- le forfait quotidien de 16 € en cas d’hospitalisation.
10 % de la population française ne dispose d’aucune complémentaire santé et certaines dépenses sont très mal remboursées.
Le constat est catastrophique. Non seulement le déficit s’accroît mais les inégalités d’accès aux soins s’accentuent et contribuent à expliquer les inégalités sociales de santé : à 35 ans l’espérance de vie d’un cadre supérieur est toujours de 7 ans supérieure à celle d’un ouvrier.
L’affectation du produit de ces franchises aux plans cancer et Alzheimer introduit une rupture dans le principe de solidarité sur lequel repose notre système de santé. Seuls les malades payeront pour les malades !
L’Etat doit veiller à ce que la société reste organisée selon le principe de solidarité. Il doit assurer à chacun l’accès à des soins de qualité, en fonction de ses besoins et non pas de ses moyens. L’Etat se doit de servir l’intérêt général. La santé est un bien commun fondamental. Rien à voir avec la rentabilité !
Les socialistes proposent :
- l’élargissement de l’assiette des cotisations sociales et la mise en place d’une vraie politique de l’emploi car plus d’emplois égal plus de cotisations sociales.
- Taxation d’un certains nombre de revenus financiers comme les stock options selon la proposition de Philippe Séguin, ancien ministre RPR et président de la Cours des comptes !
Le choix du gouvernement va lui dans le sens des heures supplémentaires, exonérées de cotisations et même d’imposition.. Le principe de se priver de recettes sur les revenus les plus élevés est injuste socialement. Nous ne pouvons pas l’accepter.
13:08 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Franchises Médicales, injustices, franchises, social, gouvernement, Sarkozy, Fillon

